Reportages constantinois

Paracha Ki Tetse

 

Thème :

Cette paracha est la plus riche en commandements de toute la Torah (74 commandements : 27 positifs, 47 négatifs).

N’allons pas faire l’énumération de tous ces commandements, mais en donner les principaux :

  • Les lois de la captive non juive qu’un soldat désire épouser
  • La part d’héritage d’un fils premier-né.
  • Ben sorer oumoreh / le fils rebelle que ses parents traduisent devant le tribunal rabbinique pour qu’il soit jugé.
  • Ensevelir un mort le jour même de son exécution.
  • Rendre à son propriétaire un objet perdu.
  • Aider un juif à décharger un fardeau.
  • Un homme ne doit pas porter de vêtements conçus pour une femme et vice versa.
  • Chiloua’h haken / renvoyer la mère oiseau avant de prendre ses petits.
  • Poser une balustrade autour d’un toit, d’un balcon, et enlever tout objet dangereux des lieux qui nous appartiennent.
  • L’interdit de semer d’autres semences que celle de la vigne dans un vignoble.
  • Ne pas atteler sous le même joug, différentes espèces d’animaux.
  • Les mariages interdits.
  • L’armée juive ne doit comporter que des Tsadikim.
  • Ne pas livrer à son maître l’esclave qui est venu chercher refuge en Erets Israël.
  • Obligation aux propriétaires de laisser ceux qu’il emploie se servir des produits de la terre pendant leur travail.
  • L’épouse juive n’a pas le statut de femme divorcée tant que son mari ne lui a pas remis le guet (l’acte de divorce).
  • L’interdiction de prendre un gage à une veuve.
  • Les dons de la moisson pour le pauvre.
  • La mitsva de Yiboum (le Lévirat).
  • L’interdiction de falsifier les poids et mesures.
  • La mitsva de se souvenir du mal que nous a fait Amalek.

 

Nous constatons effectivement cette paracha traite d’énormément de lois.

 

 

 

Commentaires :

Dans toute cette énumération de lois, il y en a trois, en particulier, qui semblent surprenantes.

 

  1. Le ben sorer oumoreh : le fils rebelle que ses parents traduisent devant un tribunal pour le faire juger.

Comment des parents ont-ils le cœur de faire condamner leur fils ?

La Guémara nous précise que ce cas, avec condamnation à mort, ne s’est jamais présenté et ne se présentera jamais. Alors, comment comprendre que la Torah, si avare de mots, traite un problème qui n’aura jamais lieu, et ce par quatre versets.

Nos sages ont expliqué que dans la mesure où toutes les conditions de condamnation sont remplies, alors ce garçon est condamné à mort. Pourquoi à mort ? Afin, qu’il n’aggrave pas son cas, et qu’il meurt avant d’en arriver au crime, et lui préserver son Olam Aba.

Pour en être arrivé à ce stade-là, il faudrait que ce garçon ait gravement fauté. Et malgré cela, la Torah nous signale que la sanction de mort n’est pas prononcée.

Ne sommes-nous pas, durant de ce mois de Elloul, en période de Séli’hot, afin de nous présenter vierge de toute faute au jour du grand jugement ? La Torah ne vient-elle pas nous signifier que Hachem est prêt à nous pardonner et à nous juger avec clémence, dans la mesure où on fait Téchouva ?

 

  1. Chiloua’h haken : un juif qui trouve le nid d’un oiseau kasher n’a pas le droit de prendre les petits ou les œufs, tant que la mère oiseau se trouve sur le nid. Ce n’est qu’après avoir envoyé la mère qu’il peut prendre les petits ou les œufs. En récompense de cette manière d’agir, la Torah promet qu’il vivra de longs jours. Nous connaissons tout le midrash qui raconte qu’un jeune, ayant voulu respecter la parole de son père, est montée sur un arbre pour prendre les œufs après avoir envoyé la mère oiseau. En redescendant, il tombe et meurt. Comment comprendre alors que, d’une part ayant respecté la demande de son père, et d’autre part avoir pris les œufs d’un nid après avoir envoyé la mère oiseau, deux mitsvot qui promettent chacune une longue vie, cette enfant meurt ?

La récompense pour les mitsvot n’est pas donnée dans le monde présent, mais seulement dans le monde à venir. Selon le Rambam, la mitsva de renvoyer la mère oiseau de sur le nid avant de prendre les œufs ou les oisillons, est similaire à celle de ne pas égorger une mère et son petit le même jour : elle prévient l’extermination d’une espèce. En nous retenant de prendre les oisillons ou les œufs en présence de la mère, nous apprenons la compassion.

Le Zohar (Tikounei Zohar 23.104) explique que cette mitsva a un profond impact :

Chassée de son nid, la mère oiseau vole sans trouver de repos par-delà les collines et les vallées. Elle crie désespérément et avec amertume sa douleur d’avoir était séparée de ses petits.

L’ange protecteur, qui a la charge de cette espèce d’oiseaux, se présente devant le Trône céleste et reproche à Hachem : « pourquoi Toi Qui fais preuve de compassion dans toutes Tes voies, as-Tu ordonné cela dans la Torah ? »

Les anges qui ont en charge des autres espèces d’oiseaux reprennent sa plainte, demandant pourquoi la mère oiseau de l’espèce sur laquelle ils veillent doive est-elle aussi souffrir ce même destin amer.

Hachem se tourne alors vers tous les Hôtes célestes et les réprimande : « vous avez été témoins de la manière dont les anges qui ont en charge les espèces d’oiseaux parlent en leur faveur. Pourquoi donc nul parmi vous ne se soucie-t-il de Mes fils et de Ma Chékhina, qui sont en exil, pour parler en leur faveur ?

La Chékhina est séparée de son nid (le Beit Hamikdach à Jérusalem), et Mes fils (les oisillons) demeurent parmi les non- juifs. N’y a-t-il personne parmi vous pour susciter MA compassion en prenant leur défense ?

Nous voyons qu’en observant ainsi la mitsva de renvoyer la mère oiseau, on suscite la compassion dans les sphères célestes. Ceci explique la grande récompense qui lui est attachée : « ce sera bon pour toi et tu vivras de longs jours. »

 

  1. Effacer le souvenir de Amalek : au lendemain de la sortie d’Égypte, alors que le peuple était épuisé, Amalek, descendants de Ésaü, s’est attaqué à l’arrière des Bné Israël, alors que ces derniers avaient perdu la foi en D.ieu (D.ieu est-il toujours parmi nous ?) Le texte nous dit que ce n’est pas par hasard que nous avons rencontré Amalek.

Nous avons pu constater, au fil du temps, que chaque fois que le peuple juif manque de foi vis-à-vis de D.ieu, nous rencontrons un Amalek. Alors comment effacer le souvenir de Amalek ? La réponse est toute simple : rester fidèle à D.ieu en respectant sa Torah. Alors plus jamais Amalek ne se manifestera, et on finira par oublier sa présence (oublier est l’opposer de souvenir). Ainsi on aura effacé souvenir de Amalek.

 

Rédigé par Mr Gerard Dadoun le 31 Aout 2017

 

LECTURE DE LA TORAH SELON LA COUTUME CONSTANTINOISE RÉALISÉE PAR RUBEN ZERBIB