Le pogrom de Constantine


Né d’une échauffourée banale entre un juif et un petit groupe de musulmans, le massacre de Constantine cause la mort de 28 juifs et instaure l’état d’urgence dans les communautés juives algériennes.

 

5 août 1934 à Constantine

 

Les origines


La propagande antisémite relayée par des militants venus de métropole ou issus de la population
coloniale incite, au début du XXe siècle, les masses algériennes musulmanes à s’en prendre aux
juifs, alors que des rancoeurs nationalistes et religieuses ont resurgi après la promulgation du
décret Crémieux en 1870. Les musulmans sont amenés à regarder les communautés juives de
leur pays d’un œil jaloux et à leur envier leur situation économique, résultat de leur statut de
citoyen français.


Des émeutes au pogrom


Le 3 août 1934, une échauffourée entre un zouave juif pris de boisson et un petit groupe de
musulmans éclate à l’intérieur de la cour d’une mosquée célèbre de Constantine, la Sidi Lakhdar.
Accusé d’avoir souillé le lieu, le juif est pris à partie et une foule d’émeutiers prend la direction du
quartier juif de la ville. Des passants juifs sont agressés, des vitrines de magasins saccagées,
jusqu’à l’intervention des autorités au lendemain des actions antisémites. La mort d’un musulman
au cours de la répression enflamme les passions et ni les prêches des grandes personnalités
juives et musulmanes de Constantine, ni les injonctions des autorités ne permettent d’endiguer la
fureur croissante des masses populaires. Le lendemain (5 août), des bandes armées investissent
le quartier du Marché. Des coups de feu sont tirés et des rixes éclatent en pleine rue. Des
émeutiers, qui ont investi des maisons juives, égorgent leurs occupants alors que les soldats et
officiers présents sur les lieux restent inactifs, suivant les consignes de non-interventions édictées
par leurs supérieurs.


Bilan du massacre


Le retour du député-maire Morinaud à Constantine, en début d’après-midi, ne peut changer les
conséquences tragiques des atrocités déjà perpétrées. On dresse le bilan :
On dénombre 28 morts, parmi lesquels un grand nombre de femmes, d’enfants et de vieillards.
Les dommages s’élèvent à 150 millions de francs-Poincaré et le nombre total des sinistrés est
estimé à 1777 personnes.

 5 août 1934 à Constantine

(Source: Akadem)